Quotidien d'une esthéticienne

La socio-esthétique expliquée simplement mais avec passion avec Jennifer

La socio-esthétique expliquée par une socio esthéticienne

 

Aujourd’hui, nous avons rencontré une esthéticienne vraiment pas comme les autres. Il suffit de quelques instants pour être gagné par la passion de Jennifer quand elle nous parle de son quotidien et de son métier. Jennifer est socio-esthéticienne, et elle l’affirme clairement dès le départ : c’est un choix volontaire et sa passion l’a amené à se consacrer pleinement à cette activité passionnante. Un témoignage, qui pourra étonner certaines esthéticiennes, en enthousiasmer d’autres. Mais l’ambition de Jennifer, Belle & Zen Soigner en beauté,  est aussi de faire connaitre son si beau métier notamment pour les jeunes femmes engagées aujourd’hui dans des études en esthétique.

Comment définirais-tu la socio-esthétique ? Comment devient-on socio-esthéticienne ?

La socio-esthétique s’adresse à des gens malades, à des personnes fragilisées physiquement et/ou psychologiquement et les soins esthétiques ne peuvent pas être prodigués sans tenir compte de tous les tenants de ces situations diverses. L’isolement social, la précarité, la maladie, … voilà les problématiques auxquelles nous sommes confrontées chaque jour.

Comme le nom l’indique, tout commence par l’esthétique. C’est pourquoi, une socio-esthéticienne est avant tout une esthéticienne, qui a appris les techniques de soins, de tous les soins. Ce n’est qu’à partir de ce moment-là, qu’elle peut s’engager dans une formation qui va lui apprendre l’écoute, le positionnement et tout ce qui touche à l’humain mais aussi à la maladie.

La formation de socio-esthéticienne est aujourd’hui une formation reconnue et certifiée au RNCP (Registre National des Certifications Professionnelles), ce qui crédibilise un peu plus la profession. Depuis 2012, j’interviens dans une école privée, Silvya Terrade de Montpellier, pour témoigner de mon parcours professionnel justement.

Pour être encore plus précise, peux-tu nous dire comment tu différencies socio-esthétique et esthétique ?

 

La grande différence réside dans l’aspect humain et social. Lorsqu’une femme pousse la porte d’un Institut de beauté, elle vient pour le bien-être, l’apparence, le rajeunissement. La démarche est connue et acceptée, et le résultat reste ce qui motive ses clientes, et ce qui anime les esthéticiennes au quotidien.

En revanche, lorsque j’interviens auprès de mes patientes, comme   au sein de l’association Etincelle  pour la prise en charge de femmes ayant suivi une chimiothérapie notamment , je me concentre sur les soins bien-être bien sûr, mais le résultat n’est pas la finalité absolue. Le soin en lui-même sera efficace, et si j’utilise un soin hydratant par exemple, les bénéfices sont garantis mais ma finalité n’est pas là. Je dois, c’est en tout cas comme cela que je conçois le métier de socio-esthéticienne, faire oublier la maladie pendant une heure, ou tout du moins sortir ma cliente de cet état de stress permanent. Et si pendant une heure, la patiente oublié sa douleur, sa maladie, qu’elle se trouve plus belle avec sa perruque, alors ma mission est remplie. Si je devais résumer en deux mots les bienfaits de la socio-esthétique pour mes clientes, je parlerai de valorisation et d’estime de soi. Et je comprends très bien, que la recherche des clientes d’un Institut de beauté ne soit pas du même ordre.

 

Aujourd’hui, beaucoup d’étudiantes en esthétisme s’interrogent : peut-on réussir en tant que socio-esthéticienne ?

Gagner sa vie en tant que socio-esthéticienne, c’est possible certes, mais je ne veux pas masquer la réalité et prévenir immédiatement que c’est difficile. Il ne faut pas se voiler la face, et les candidats à cette profession d’avenir à mon sens constateront rapidement, que les annonces à temps plein sont rarissimes et qu’il faut déployer des efforts intenses pour s’en sortir. La motivation est indispensable, la persévérance aussi. Ce n’est pas un métier comme les autres, on ne le choisit pas pour des raisons financières. C’est à mon sens une véritable vocation.

A titre personnel, je suis esthéticienne depuis 2001 et spécialisée en socio-esthétique depuis 2011. En 2008, j’étais salarié de l’association Etincelle lors de leur création, et je suis aujourd’hui responsable de leur pole oncologie & bien-être. Aujourd’hui, je travaille 3 jours par semaine pour l’association et j’ai donc créée en 2011 Belle & Zen Soigner en beauté. C’était certes pour compléter mon temps de travail mais aussi pour ouvrir la socio-esthétique à d’autres types de patientes, qui en ont besoin. De manière générale, je peux dire qu’il faut   pouvoir compléter ses revenus, le temps de créer sa propre clientèle et d’apprendre aussi à se faire connaître. Aujourd’hui, je vis pleinement de mon métier de socio-esthéticienne, mais cela ne s’est pas fait tout seul, et j’ai dû batailler longtemps.

Je ne veux pas occulter la réalité mais je veux quand même être optimiste. Quand on veut et que l’on est motivée, on peut y arriver. Il faut se donner les moyens et le temps nécessaire, mais que les étudiantes d’aujourd’hui gardent ce message d’espoir en tête.

Mas alors peut-on combiner socio-esthétique et esthétique ?

Combiner la socio-esthétique avec une activité purement esthéticienne est aussi une possibilité pour de nombreuses professionnelles. J’ai personnellement décidé de me consacrer pleinement à la première, mais ce n’est en rien une obligation.

Accompagner des personnes malades ou fragiles au quotidien, ce n’est pas toujours facile, alors pour les esthéticiennes souhaitant prendre du recul et/ou se protéger, il est possible de mixer la socio avec une activité de pure esthéticienne. Pour celles, qui estiment que c’est trop lourd à gérer, consacrer la moitié de son activité à son métier d’esthéticienne à domicile peut représenter un moyen pour supporter la situation, par exemple. Certaines pourront aussi travailler en Institut de beauté deux jours par semaine ou même en parfumerie. Tout est possible.

 

 

 

Quel avenir peux-tu espérer pour la socio-esthétique en général et pour toi en particulier ?

 

On peut aujourd’hui espérer le développement de la socio-esthétique, même s’il faut bien avouer que la profession souffre encore d’un manque de visibilité et de reconnaissance.  Pour ma part, je suis à mon compte, comme beaucoup d’esthéticiennes à domicile mais aussi de socio-esthéticiennes, mais aussi salariée pour une association, accompagnant les patientes atteintes d’un cancer.

C’est parce que je suis à mon compte et que j’ai décidé de me consacrer pleinement à la socio-esthétique, que j’interviens auprès de différents publics, toujours avec l’ambition de leur apporter bien plus qu’un soin esthétique. Qu’il s’agisses de femmes malades, de personnes victimes d’addiction en tout genre ou de tout autre public ma démarche reste la même.

Pour moi, la socio-esthétique est un métier passionnant, car si je sais que j’apporte beaucoup à mes clientes/patientes, elles aussi sont dans le partage et je sors de ces instants, enrichie humainement, et cela ça n’a pas de prix.

Si notre profession gagne donc en reconnaissance petit à petit, le financement reste encore problématique. Je ne désespère pas, et je crois que cela peut avancer dans le bon sens. Une pétition a ainsi été lancée pour proposer la création de forfait annuel, pris en charge par les mutuelles. D’un autre côté, j’ai bon espoir, que les autorités publiques comprennent l’importance de financer de nouveaux postes de socio-esthéticiennes.

 

Jennifer, socio-esthéticienne, nous parle de la ...socio-esthétique !

Jennifer, socio-esthéticienne, nous parle de la …socio-esthétique !

La socio-esthétique est un support de bien-être, de confiance en soi  pour les patients. Mais avez-vous des retours des équipes soignantes ou une confirmation de ces bienfaits ?

 

 

Le plus beau des retours reste, à mes yeux, celui des patientes elles-mêmes qui peuvent nous expliquer, après coup, tout ce que nous avons pu leur apporter. Au quotidien, les échanges avec nos clientes nous démontrent que les soins prodigués vont apporter des bénéfices divers et variés. En se sentant mieux, plus en confiance, certaines vont améliorer leurs conditions de sommeil par exemple Maintenant, nous ne sommes pas des fées, et nous en sommes parfaitement conscientes. En revanche, lorsque ces femmes se sentent mieux, plus détendues, elles supportent mieux les effets secondaires, qui peuvent être moins pénibles. Tout le monde le constate, même si à ce jour, aucune étude scientifique ne vient confirmer ces bienfaits.

Que pourrais tu dire aux étudiantes en esthétique, qui se posent des questions et qui hésitent sur leur orientation ?

Je considère que mon métier reste une très belle expérience de vie, permettant de se rendre compte de la chance que l’on a d’être en bonne santé et d’avoir ce que l’on a. On devient un peu plus philosophe.  Forcément, certains jours, c’est difficile, mais on a la possibilité d’échanger entre collègues et même d’avoir recours à un psychologue pour aider à surmonter ces passages plus délicats. Et je vais vous avouer, que je ne me suis jamais sentie aussi épanouie en tant que socio-esthéticienne, alors que quand je travaillais en parfumerie, le stress et les obligations de résultat pouvaient me rendre malades. Comme quoi, la socio-esthétique, pour ce qui me concerne, représente aussi une forme de bien-être. Pour rien au monde, je ne changerai.

Maintenant, c’est mon ressenti, mon expérience, et chacune peut avoir des envies, des ambitions différentes. Mais en tout cas, il ne faut pas hésiter une seconde, socio-esthéticienne, c’est un métier formidable.

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