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Une Socio-esthéticienne passionnée nous explique la socio-esthétique !

Socio-esthétique

 

Nous vous proposons aujourd’hui de retrouver Marjorie, que nous avons rencontrée, il y a quelques jours pour qu’elle nous parle de sa profession encore trop peu connue : socio-esthéticienne. Alors, la socio-esthétique, de quoi parle-t-on exactement ? 

Bonjour Marjorie, et merci de nous consacrer un peu de votre temps. Pouvez-vous vous présenter pour nos lectrices et lecteurs pour commencer ?

 

Bonjour. Je m’appelle Marjorie. Plus jeune, je me suis engagée dans la voie des soins, du bien-être aux personnes. Aide-soignante, infirmière, j’ai eu du mal avant de me décider définitivement sur mon orientation. Mais c’est au cours de mon premier emploi d’aide médico psychologique et de mon cursus dans une école de bien-être sur Lyon, que j’ai su que j’étais à ma place et que j’ai découvert la socio-esthétique. A partir de ce moment-là, j’ai tout de suite su, que c’était ce que je voulais faire. Et aujourd’hui, je ne regrette pas mon choix bien au contraire. Socio-esthéticienne, c’est ma vocation.

Lorsque j’ai compris que je voulais devenir socio-esthéticienne, j’ai d’abord commencé par passer un CAP esthétique. J’ai d’ailleurs exercé quelque temps le métier d’esthéticienne à domicile. C’est après avoir obtenu mon diplôme que j’ai pu rejoindre le DU spécialisation esthétique en milieu médical et social (titre reconnu de niveau 3 ) à la faculté de médecine de Paris.  Ce diplôme nous permet alors d’obtenir le titre de socio-esthéticienne.

 

 

Socio-esthétique, socio-esthéticienne, …Pouvez-vous nous expliquer en quoi cela consiste exactement ?

 

On peut s’appuyer sur la définition qui est le plus souvent citée : la socio-esthétique c’est les soins esthétiques à destination de personnes en souffrance. C’est une spécialisation du métier d’esthéticienne. Une dimension sociale donc dans cet univers de la beauté. Quand on parle de personnes en souffrance, on ne doit pas se cantonner aux personnes atteintes d’une pathologie ou d’une autre mais aussi à celles et ceux en rupture sociale ou en très grande difficulté mais aussi aux personnes ayant des problématiques d’enfermement.

 

 

D’accord, proposer des soins esthétiques aux personnes les plus en difficulté, c’est cela la socio-esthétique. Mais est-ce vraiment différent du métier d’une esthéticienne ?

 

La formation de socio-esthéticienne s’adresse à des esthéticiennes diplômées. Avant d’apprendre les spécificités de ce si beau métier, il faut que les étudiantes et les étudiants connaissent celui d’esthéticienne. L’esthétique est notre « outil »que nous utilisons pour travailler sur l’image de la personne. Donc oui, le métier de socio-esthéticienne présente de grandes similitudes avec celui d’esthéticienne. En revanche, il est aussi complètement différent.

Il faut en effet prendre en compte et considérer les patientes et les patients dans leur globalité avec les spécificités que cela implique. Par exemple, la problématique de l’hygiène corporelle sera essentielle pour accompagner un malade ou pour répondre aux attentes d’une personne à la recherche d’un emploi. Il faut comprendre la sphère médicale et psycho-sociale. Nos patientes peuvent souffrir de troubles d’ordre physique (la vieillesse ou la maladie par exemple) mais aussi psychique (des maladies mentales aux états de dépendances à l’alcool ou aux drogues) …. En milieu carcéral, les contraintes seront différentes et à l’hôpital, il faut réussir à s’intégrer pour travailler en concertation avec l’équipe médicale et éducative.

 

Vu comme cela, la socio-esthétique semble être une profession très exigeante ? Quelle est la réalité du quotidien ?

C’est un métier riche et basé sur le partage et l’échange. En soi, le métier d’esthéticienne est déjà passionnant grâce aux contacts que les esthéticiennes peuvent nouer avec leurs clientes. La socio-esthétique permet d’aller encore plus loin. On ne parle plus de clientes ou de clients mais de patients ou de bénéficiaires. C’est une des grandes différences avec l’esthétique traditionnel. Nos patients ne paient pas nos soins à l’inverse des clientes des esthéticiennes. Ce sont les hôpitaux, des structures diverses ou de associations, qui nous rémunèrent pour que l’on vienne accompagner ces personnes en difficulté. Bien évidemment, nous proposons nos soins de socio-esthétiques aux personnes en individuels, mais nous pouvons aussi travailler sous forme d’ateliers collectifs. C’est une approche différente. Au quotidien, je dois m’adapter à mes patientes, et si je dois passer 30 minutes de plus pour discuter ou pour permettre à la patiente de se libérer par la parole, alors je m’adapte à ce protocole de soins. Je comprends que ce n’est pas possible pour un salon de beauté traditionnel, mais l’objectif visé n’est pas le même.

Alors la socio-esthétique, avant tout de l’esthétisme ou plus une profession orientée sociale et médicale ?

Dans socio-esthétique il y a le mot « socio » qui prend tout son sens avec cette option humanitaire et sociale. C’est indéniable, la socio-esthétique reste un enrichissement humain extraordinaire. On est sur les thématiques de l’image de soi, l’estime de soi. Je suis consciente de ce que j’apporte à mes patientes et à mes patients, mais je dois bien l’avouer, ils m’apportent aussi énormément. En tant que socio-esthéticienne, j’ai une approche différente par rapport à l’équipe soignante, mais je vise aussi à aider chacun et chacune à se sentir mieux. La douceur du toucher, la maitrise des soins de beauté, la connaissance des spécificités d’un protocole oncologique et ses conséquences, ….

 

Le temps passe vite à vous écouter, Marjorie. On sent la passion, qui vous anime et les projets que vous nourrissez. Alors la socio-esthétique, c’est vraiment votre voie ?

 

 

Vous avez raison. C’est bien plus qu’un métier mais un choix de vie, un engagement au quotidien. Je vais continuer dans cette voie, c’est une certitude. J’envisage  de toujours  m’investir DANS l’Association régionale de Socio-Esthétique (ARSE Auvergne)  (J’en profite pour souligner le formidable travail accompli sous la présidence de Mme GUY Nadine), et  j’ai décidé de m’installer en tant qu’indépendante à partir de janvier prochain, ce qui me permettra de répondre à toutes les attentes et à tous les besoins. Dans tous les cas, je vous remercie infiniment de parler de ce si beau métier de socio-esthéticienne, qui reste, je dois bien l’avouer, encore trop méconnu mais aussi peu reconnu par les autorités.

 

 

Cet entretien avec Marjorie, socio-esthéticienne, a été riche et passionnant, et nous n’avons pas pu, dans cet article, évoquer tous les sujets dont nous avons débattus. Ce sera l’occasion, en 2018, de revenir la voir pour approfondir cette mise en avant de la socio-esthétique. Alors si vous avez des questions précises, n’hésitez pas à nous les adresser en commentaire de cet article, et nous nous ferons une joie de les adresser à Marjorie.

 

 

Et si vous-aussi, vous souhaitez parler de votre passion de l’esthétisme, de votre aventure en tant qu’esthéticienne à domicile ou de votre challenge de création d’un Institut de beauté, n’hésitez pas à prendre contact avec Eric, notre journaliste web, qui reprendra très vite contact avec vous.

 

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